À l’occasion d’OSV Explore, Mathieu Baudin, directeur de l’Institut des Futurs Souhaitables, a invité les professionnels du sport et de l’outdoor à changer de regard sur l’avenir. Son message : plutôt que de subir les transformations de demain, pourquoi ne pas commencer à les construire dès aujourd’hui ?
Imaginer le futur semble facile. Imaginer un futur dans lequel on aurait envie de vivre, beaucoup moins.
Lorsqu’il propose au public d’OSV Explore de voyager dans le temps, Mathieu Baudin fait un constat surprenant : les participants se projettent spontanément dans le passé. Personne ne choisit l’avenir.
Un réflexe qui illustre notre difficulté à imaginer un futur désirable, dans un monde marqué par les incertitudes économiques, environnementales et technologiques.
Le 15 octobre 2026, à Chamonix, le directeur de l’Institut des Futurs Souhaitables a invité la filière sport et outdoor à prendre de la hauteur. Avec une question centrale : à quoi pourrait ressembler le monde de 2040 et comment participer à sa construction ?
Prospective 2040 : pourquoi le futur de l’outdoor ne se prédit pas
Mathieu Baudin : imaginer plusieurs futurs pour mieux agir aujourd’hui
Pour Mathieu Baudin, la prospective ne consiste pas à prédire l’avenir, mais à explorer différents futurs possibles pour mieux éclairer les décisions d’aujourd’hui.
Car lorsque nous imaginons demain, nous avons tendance à prolonger ce que nous connaissons déjà. Pourtant, les transformations à venir pourraient profondément modifier nos modes de vie, nos pratiques et nos façons de consommer.
Imaginer 2040 ne consiste donc pas simplement à ajouter davantage de technologie à notre quotidien.
Pour les entreprises outdoor, cette démarche invite à repenser les usages et les attentes des consommateurs.
Une réflexion qui prend déjà forme à travers le projet SUBULA, une veste modulable imaginée pour le futur consommateur outdoor de 2050 par des étudiants d’OSV Academy.
Une industrie outdoor face à une profonde transformation
Industrie outdoor : pourquoi nos modèles doivent évoluer
Selon Mathieu Baudin, nous traversons une période de transition entre deux modèles de société.
Le modèle de développement hérité de la révolution industrielle, fondé sur une consommation importante de ressources et d’énergie, rencontre aujourd’hui ses limites.
Plutôt que de considérer cette période uniquement comme une succession de crises, le prospectiviste propose d’y voir une opportunité de transformation.
Et si le véritable risque était finalement de ne rien changer ?
Changement climatique, ressources et consommation : les défis de demain
Une réflexion qui résonne avec les défis de l’industrie outdoor : pression sur les ressources, évolution des pratiques sportives et nécessité d’adapter les modèles économiques.
Des enjeux qui font écho aux réflexions menées par OSV sur l’adaptation de l’industrie outdoor au changement climatique, où la robustesse des entreprises et leur capacité à anticiper les transformations occupent une place centrale.
Quatre scénarios pour imaginer le consommateur outdoor de 2040
De l’étude IPSOS aux scénarios prospectifs du futur consommateur outdoor
Comment se projeter dans un monde qui n’existe pas encore ?
Mathieu Baudin présente quatre grandes approches prospectives :
- Le scénario tendanciel : prolonger les évolutions actuelles.
- Le scénario catastrophe : identifier les risques et les futurs à éviter.
- Le scénario de rupture : imaginer les transformations provoquées par des changements majeurs.
- Le scénario souhaitable : définir un avenir désirable et les actions pour y parvenir.
Cette dernière approche est au cœur de sa démarche.
Elle consiste à se projeter en 2040, à imaginer collectivement le futur souhaité, puis à revenir vers le présent pour identifier les décisions à prendre. Une méthode appelée backcasting.
Mais concrètement, à quoi pourrait ressembler le consommateur outdoor en 2040 ?
Pour explorer cette question, OSV et IPSOS ont mené en 2026 une étude sur le consommateur outdoor. Ces travaux nourrissent une immersion dans différents scénarios prospectifs pour imaginer l’évolution des pratiques, des attentes et des équipements de demain.
À découvrir : Le consommateur outdoor en 2040, une immersion dans les futurs possibles de la consommation outdoor à travers des profils de consommateurs et des scénarios prospectifs.
[Lien vers le futur article « Le consommateur outdoor en 2040 » à venir.]
Abandonner, améliorer, adopter : trois leviers pour transformer l’outdoor
Comment les entreprises peuvent-elles construire des futurs souhaitables ?
Imaginer des futurs souhaitables ne suffit pas. Encore faut-il passer à l’action.
Pour Mathieu Baudin, cette transformation peut commencer par trois décisions :
- Abandonner les pratiques devenues obsolètes ou incompatibles avec le futur souhaité.
- Améliorer l’existant pour le rendre plus pertinent et durable.
- Adopter de nouvelles approches et expérimenter d’autres manières de faire.
Une méthode qui peut s’appliquer à la conception des produits, aux modèles économiques ou aux services proposés par les entreprises outdoor.
Cette volonté de passer de la réflexion à l’action fait également écho à l’engagement d’OSV lors de ChangeNOW 2026, autour des solutions et des initiatives pour accélérer la transition de la filière sport et outdoor.
L’objectif ? Ne pas attendre que les transformations s’imposent, mais expérimenter dès maintenant pour contribuer à les orienter.
Le futur de l’outdoor commence aujourd’hui
Pour illustrer notre époque, Mathieu Baudin utilise l’image de la chenille qui se transforme en papillon. Une métaphore des périodes de transition, lorsque les anciens modèles laissent progressivement place à de nouvelles possibilités.
Et si les bouleversements actuels étaient les prémices d’une nouvelle renaissance ?
À travers cette intervention, OSV Explore a invité les professionnels du sport et de l’outdoor à dépasser les incertitudes pour imaginer collectivement des futurs souhaitables.
Car l’enjeu n’est pas seulement de savoir à quoi ressemblera le consommateur outdoor de 2040, mais de déterminer quelles décisions prendre aujourd’hui pour construire l’industrie de demain.
Le futur n’est pas encore écrit. À la filière outdoor de participer à son histoire.