Entrez les termes recherchés et appuyez sur entrée

Adaptation au changement climatique : pourquoi l’industrie outdoor doit devenir plus robuste ?

études & veillesProjets OSVRéseau & adhérentsDéveloppement BusinessInnovation produit
OSV x UTMB Talk Transition

Le changement climatique ne transforme plus seulement les terrains de jeu de l’outdoor. Il bouleverse aussi les événements, les produits, les chaînes d’approvisionnement et les modèles économiques du secteur.

À Chamonix, le talk « Climate Change is Reshaping Outdoor, Are You Ready? », organisé par Outdoor Sports Valley en partenariat avec UTMB Group, a posé une question devenue incontournable : comment préparer la filière outdoor à cet environnement qui change ? 

Thibault Liebenguth, AIR coop, et Frédéric Mô, Decathlon France & Simond, ont partagé constats, retours d’expérience et pistes d’action face à un changement climatique qui impose désormais de penser autrement la performance. Car réduire son impact ne suffit plus. Il faut aussi apprendre à s’adapter, sécuriser ses chaînes de valeur et construire des entreprises plus robustes. 

L’outdoor est en première ligne 

La filière outdoor entretient une relation particulière avec son environnement. Elle dépend directement des montagnes, de la neige, de l’eau, des glaciers et des écosystèmes dans lesquels les pratiques se développent. 

Quand ces milieux évoluent, c’est toute la filière et sa chaine de valeurs qui est concernée. 

Et les conséquences dépassent largement les lieux de pratique. 

Les principaux pays de fabrication textile et chaussure sont eux aussi exposés aux vagues de chaleur et aux inondations. Ces événements peuvent empêcher les travailleurs de rejoindre les usines, interrompre la production et réduire les capacités d’exportation. 

Le changement climatique devient donc un enjeu de pratique, mais aussi un enjeu industriel.

Réduire son impact ne veut pas dire s’adapter 

Pendant le talk, Thibault Liebenguth a proposé une distinction essentielle : réduction d’impact et adaptation ne répondent pas aux mêmes problèmes. 

Et entre les deux existe une troisième notion : la mal-adaptation. 

Une question s’impose alors aux entreprises : 

Sommes-nous réellement en train de nous adapter ou cherchons-nous simplement à maintenir le modèle existant le plus longtemps possible ? 

Chez Decathlon, l’adaptation devient un enjeu industriel 

Frédéric Mô travaille depuis 25 ans chez Decathlon, notamment sur la conception des produits outdoor et la marque Simond. 

Chez Decathlon, la théorie du Donut a notamment servi à sensibiliser et faire monter les équipes en compétence sur les limites planétaires. Concrètement, l’entreprise a ensuite beaucoup travaillé sur le CO₂, l’éco-conception et l’éco-design. 

Mais un nouveau sujet prend désormais de l’ampleur : l’adaptation. 

Frédéric Mô a partagé un chiffre particulièrement frappant : 60 % de la production de Decathlon se trouve aujourd’hui dans des zones identifiées dans les projections évoquées du GIEC comme susceptibles de devenir inhabitables ou difficilement travaillables à horizon 2100. 

Face à cette vulnérabilité, l’un des leviers est très concret : réindustrialiser au plus proche du lieu de vente et d’utilisation des produits. 

Lorsqu’on regarde l’ensemble de la chaîne de valeur, le composant et sa fabrication peuvent peser davantage dans l’empreinte carbone d’un produit que son transport final. D’où l’importance de retrouver des capacités industrielles au plus près des marchés, mais aussi de sécuriser les matières premières. 

La laine et le coton deviennent alors des terrains d’expérimentation. 

Ortovox fait partie des pionniers cités pendant le talk, avec un travail mené auprès d’éleveurs en Tasmanie et dans les Alpes pour développer des pratiques plus régénératrices autour de la laine. Ces pratiques doivent permettre de préserver les sols, mieux retenir l’eau et sécuriser dans le temps l’approvisionnement en matière première. 

Chez Veja, le coton biologique est également cultivé en polyculture au Brésil, avec d’autres plantes comme le maïs, le sésame ou les haricots, afin de préserver les sols et la ressource en eau.  

L’adaptation ne commence donc pas au moment où le produit arrive en magasin. Elle commence dans les territoires où sont produites les matières qui le composent. 

La circularité s’inscrit dans la même logique. Pour Decathlon, elle doit être pensée dès la conception, avec des solutions adaptées aux catégories : location, seconde main, réparation ou recyclage. 

La robustesse : changer de logique 

C’est ici qu’intervient une notion centrale du talk : la robustesse. 

Thibault Liebenguth s’est appuyé sur les travaux d’Olivier Hamant autour de la robustesse du vivant. Une approche qui remet en question la recherche permanente d’optimisation et de performance maximale. 

Transposée à l’entreprise, cette logique peut conduire à diversifier ses fournisseurs, répartir sa production entre plusieurs régions, rapprocher certaines productions des marchés ou encore ralentir le renouvellement des collections. 

Être performant quand tout fonctionne ne suffit plus. Il faut pouvoir continuer à fonctionner quand quelque chose déraille. 

L’industrie outdoor doit désormais apprendre à évoluer  

Ce talk s’inscrit dans une réflexion plus large portée par Outdoor Sports Valley sur la transformation de l’industrie outdoor. 

À ChangeNOW 2026, OSV avait déjà mis en lumière les transformations nécessaires pour construire une industrie plus résiliente, notamment autour de la circularité, des nouveaux modèles industriels et de la transformation des chaînes de valeur. 

À lire aussi : ChangeNOW 2026 : comment l’outdoor peut-il devenir un laboratoire de la transition ? 

Autre cadre à anticiper pour accélérer la transition des entreprises : celui de la réglementation. 

PFAS, passeport numérique des produits, traçabilité, lutte contre le greenwashing, circularité ou devoir de vigilance : les entreprises outdoor doivent pour rester compétitives mais aussi en adéquation avec notre ADN connecté à la nature, intégrer de nouvelles exigences à l’ensemble de leur chaîne de valeur.  

L’enjeu dépasse donc largement la conformité. Ces réglementations vont aussi pousser les marques à revoir leur conception produit, leur sourcing, leurs données et leur transparence. 

Découvrez notre panorama des réglementations : Réglementations outdoor : 13 changements qui vont bouleverser l’industrie d’ici 2030 

Synthèse du diagnostic avec Bpifrance :https://drive.google.com/file/d/1TsF_dcx1NWrXZZXFgrQSNS-zGXTuJ0Ls/view?usp=sharing 

Ne vous arrêtez pas en si bon chemin

Baromètre des Talents de l’Outdoor